Qualité de l'eau

" Une qualité de l’eau en progrès,
mais pas sur tous les critères "

Thierry Patouille

Directeur de L'eau d'Ici

Organisme public producteur d’eau potable

Ce taux augmente car plus on recherche de pesticides, plus on en trouve, et nous mesurons jusqu’à 150 molécules pour l’eau potable, contre seulement une cinquantaine il y a dix ans. Cependant, ces polluants n’apparaissent qu’au niveau de la trace : on les détecte, mais il y en a trop peu pour qu’on puisse les mesurer précisément. De plus, nos mesures sont mensuelles, et nous ne trouvons des traces que deux à trois fois par an.

Oui, car la qualité de la Nive s’est nettement améliorée sur l’ensemble des paramètres physicochimiques et bactériologiques, mais on trouve des traces de pesticides, en l’occurrence du glyphosate, la molécule la plus utilisée comme désherbant. La Nive n’a pas de souci majeur de pesticides – les pollutions sont beaucoup plus d’ordre bactériologique, en raison notamment de l’agriculture d’élevage dans la vallée –, mais c’est une vraie préoccupation des usagers, et un sujet sensible pour les médias. De plus, le principe de précaution doit s’appliquer : on ne connaît pas aujourd’hui tous les impacts des pesticides, même à faible dose, et notamment l’effet cocktail entre molécules..

La Nive sert à produire de l’eau potable pour 200 000 personnes en hiver et 400 000 en été : donc s’il y a un problème de pollution, cela impacte un nombre important de personnes. L’eau de surface est fortement impactée par les activités humaines comme l’agriculture, l’industrie ou l’assainissement, mais aussi par les phénomènes naturels comme le ruissellement d’eau de pluie qui draine des bactéries du sol vers la rivière. L’enjeu majeur derrière toutes ces questions est le prix de l’eau, et pour cela la prévention des pollutions à la source est un réel atout. Nous avons par exemple fait le choix il y a une quinzaine d’années, à travers le Cadre de solidarité imaginé par le Syndicat de la Nive, de cofinancer des infrastructures d’assainissement en amont plutôt que d’ajouter une étape de traitement dans notre usine d’Anglet : c’est moins cher, et nous maîtrisons mieux la qualité de l’eau. Notre participation à Eau & Bio s’inscrit dans la même logique, car ce projet encourage les producteurs à adopter des pratiques respectueuses de la ressource en eau.