Plus value sociale

" Aujourd’hui, je fais le métier pour lequel j’ai choisi cette voie "

Peio Iriart

Producteur de veaux et porcs en plein air à Caro

En bio depuis 2009

C’est d’abord ma pratique de l’élevage qui a évolué : je prends beaucoup plus de temps pour observer mes animaux et leurs comportements. En bio, il faut faire de la prévention pour anticiper ce qui pourrait rendre malades les animaux. Et on ne traite plus systématiquement l’ensemble du troupeau, mais seulement l’animal qui tombe malade.
Pour passer en bio, j’ai commencé par diminuer mon cheptel bovin et je me suis lancé dans l’élevage de porcs, ce qui me permettait aussi de valoriser les fougeraies et bois.
Passer en bio, c’est également sortir du productivisme : on ne pousse plus les animaux, on n’utilise pas d’hormones pour la reproduction, on fait davantage de sélection pour garder les animaux les plus rustiques, les mères les plus maternelles, qui reproduisent bien, s’occupent des petits, ont du lait… Nous avons un peu moins de gestations sur les cochons, comparé au conventionnel, mais en vaches nous avons retrouvé le niveau d’avant. Avec 25 vaches et 15 truies, nous avons 20 à 22 veaux dans l’année, et environ 200 porcelets.

En tant que paysan, je me suis installé par passion. On m’avait conseillé d’avoir plus de 30 mères, j’en avais pris 35, et il me fallait toujours produire plus, acheter les aliments à la coopérative, faire appel au vétérinaire… Aujourd’hui, je fais le métier pour lequel j’ai choisi cette voie : j’essaie de bien m’occuper de mes animaux, et mon métier reste diversifié, avec la montée en estive, les foins sur nos parcelles, l’entretien des prairies, des naissances.

Bien sûr. Nous rencontrons nos clients, et plus seulement des représentants et des gens de la coopérative qui nous prennent les veaux dans l’étable sans nous dire les prix. Nous sommes fiers de leur proposer nos produits de qualité. Nous savons pour qui nous travaillons, et nous nous devons de continuer à le faire au mieux pour satisfaire une qualité régulière.
Nous nous retrouvons aussi entre paysans engagés dans une logique d’agriculture paysanne, lors des formations organisées par BLE ou d’autres.

Oui, passer au bio nous a même permis de redresser la barre : l’exploitation est viable, et au premier janvier 2018, ma compagne s’est installée sur notre exploitation. Cette gestion de notre exploitation nous a permis de réduire les frais vétérinaires, nous ne faisons plus de vaccination, et quand un animal est malade, les médicaments sont bien plus efficaces. Nous avons donc moins de pertes qu’à l’époque.
Et pour la commercialisation, nous sommes passés en vente directe avec des magasins bios, une Amap, et des particuliers que nous livrons. Nous sommes donc maîtres de nos prix, et nous ne sommes plus inquiets pour la vente : le plus dur est plutôt de satisfaire la demande !